Anima Terra : Spéléologie dans les Hautes-Alpes

HISTOIRE D'UN LOGO

« Les étoiles sont belles, à cause d’une fleur que l’on ne voit pas… » écrivait Saint-Exupéry. Si le logo qui vous a accueilli ici vous a touché, c’est peut-être parce que, lui aussi, porte en silence une histoire invisible.

Cette histoire, que renferme ce petit personnage, commence un matin de juillet 2023, dans une boulangerie. Ce n’est pas là que se joue l’essentiel — mais avouons-le, on spéléote mieux avec le ventre plein. C’est donc avec deux éclairs au chocolat en main que mon ami Nathan et moi quittons le village, en direction d’un grand nom du Lot souterrain : l’Igue Saint-Sol.

L’entrée de cette Igue est un gouffre de plus de 60 mètres de profondeur. Nous le descendons sur corde pour atterrir dans la galerie principale de la cavité que nous explorons en nous enfonçant vers l’aval. D’immenses salles se succèdent, ornées de concrétions spectaculaires, sur plusieurs centaines de mètres.

Rapidement, nous arrivons au bout de ce que la grotte permet, dans une zone de modelages.

Ici, des spéléologues à la recherche d’une jonction avec une autre grotte, ont creusé la glaise qui avait rempli l’extrémité de cette grande galerie. Mais plutôt que de faire de vulgaires tas avec la matière ainsi extraite, certains eurent la bonne idée de l’utiliser pour modeler des dizaines de créations en tout genre.

Et effectivement, de là où nous sommes, Nathan et moi apercevons un diablotin semblant barrer le passage, un mousqueton géant, un phare miniature, une porte blindée, un petit virus, et même une catapulte prenant d’assaut un immense château fort.

Ce véritable « musée de la boue » qui s’étale devant nous nous appelle à la contribution : impossible de résister à l’envie d’y déposer un fragment de notre imagination.

« On va faire la sculpture la plus immense de la salle » avais-je alors dis à Nathan.

Il acquiesça avant que je ne rajoute :

« On a qu’à faire un énorme bonhomme de glaise ! »

Nous cherchons donc ensemble l’endroit idéal pour sa construction et optons finalement pour un gros bloc permettant de le mettre bien en évidence.

Les choses sérieuses pouvaient commencer… Pendant que je pétrissais la glaise pour la rendre plus malléable, Nathan formait les trois grosses boules qui allaient servir de corps à notre personnage. Ces dernières empilées, nous pouvions enfin nous appliquer à rajouter toutes sortes de détails tels que : des yeux, une bouche, des cheveux, un chapeau haut de forme, un nœud papillon, et des bras musclés tenant la pancarte signée du nom de ses créateurs.

Ça y est ! Blaise – c’est le nom que nous lui avons donné – est né.

Satisfaits de notre œuvre, nous prenons le temps de quelques photos avant de faire demi-tour et de regagner la surface — avec le sourire de ceux qui viennent de retomber en enfance, les bottes pleines de boue et le cœur léger.

Les mois qui ont suivi, j’ai souvent repensé à cette histoire.

Ce fut un beau moment de spéléo et de partage.

Alors, quand deux ans plus tard il m’a fallu trouver une idée de logo pour ma structure, je n’ai pas eu besoin de plus de quelques secondes pour savoir que c’était Blaise qui allait m’accompagner dans cette nouvelle aventure.

Il me rappelle que les plus beaux souvenirs naissent souvent dans les endroits les plus inattendus.

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